lundi 22 mai 2017

Et là, ils sont où les bobos ?

Quand la société du spectacle se couvre de honte 


Récemment lea nébuleuse LGTB et quelques bobos, artistes auto-proclamés d'une société du spectacle dégénérée, ont organisé une campagne dénonçant une soit-disante persécution homophobe en Tchéchénie... et dans le Donbass !

Cette gesticulation pitoyable m'appelle à un "coup de gueule" et quelques réflexions :

1 / Que représente au juste cette "LGTB" en dehors d’être un vecteur sociétal médiatiquement gonflé pour être utilisé par un système fuyant les vrais problèmes sociaux du monde moderne. La majorité de la communauté homosexuelle d'ailleurs ne se reconnaît même pas dans les exhibitions sado-maso obscènes des gay-prides organisées par ces provocateurs.

2 / Vivant dans le Donbass depuis 2 ans et demi, je n'ai jamais vu une quelconque persécution exercée à l'égard des minorités sexuelles pas plus que n'est organisé un prosélytisme de ce qui doit rester un choix privé et intime individuel. Comme en Russie donc, ni persécution, ni promotion de l'homosexualité !

3 / Comme tous les calomniateurs le LGTB insulte mais sans argumenter ni démontrer quoi que ce soit, il veut dogmatiser son mensonge en leur starisant avec quelques belles gueules adulées sur les planches où d'ailleurs elles devraient avoir l'intelligence et l'humilité de rester. Cet argumentaire est à lui seul la preuve de la vacuité de l'attaque.

4 / Cette opération calomnieuse n'est pas nouvelle et sa stratégie de diffusion se nourrit justement des réactions légitimes qu'elle suscite et qui la prolongent dans l'espace et la durée (ce que j'ai conscience de faire ici). L'indifférence me semble être la meilleure réponse à la calomnie.... "noblesse se tait".

5 / Ce type d'attaque doit surtout être replacé dans un contexte global et surtout mis en perspective avec une radicalisation de la russophobie kiévienne qui intervient sur fond de nouvelles tensions entre les USA et la Russie. Le simple fait que les 2 pays désignés (Tchéchénie et Donbass) appartiennent au monde russe suffit à démasquer l'objectif géopolitique qui se cache derrière la revendication libertaire sociétale..

Néo-nazis, radicaux nationalistes, idiots utiles de la crise ukrainienne et de la guerre 

Lorsque les Présidents étasunien et français font la courbette aux émirs des royaumes pétroliers qui eux persécutent réellement les homosexuels jusqu'à en exécuter des dizaines chaque année... 
Ils sont où nos bobos parisiens ?

Lorsque l'armée ukrainienne depuis 3 ans tue des milliers de civils en les bombardant et impose un blocus à population civile du Donbass, torture et emprisonne les dissidents, censure et interdit les médias... 
Ils sont où nos bobos parisiens ?

Lorsque 72 ans après la guerre, un gouvernement européen soutenu par l'UE organisé des défilés, des commémorations, des unités militaires ouvertement néo-nazis et appelant à un génocide russe... 
Ils sont où nos bobos parisiens ?

Avant de donner leur nom et leur réputation à un clabaudage haineux et pitoyable, les Birkin, Wilson etc... et dont je peux apprécier le talent, devraient venir dans le Donbass constater par eux mêmes de la réalité de ces Républiques populaires que bombarde un régime tellement "démocrate" qu'il va jusqu'à fermer ses propres réseaux sociaux et populaires utilisés par sa population.

Car là, ils pourraient peut-être se rendre utiles les bobos...

En attendant, comme disait Blier dans les tontons flingueurs "ces salisseurs de mémoire feraient mieux de fermer leur claque-merde"

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Gay pride à Kiev en 2016, d'autres idiots utiles au service du chaos.... et du ridicule !

Sur le même sujet :

L'article de Karine Bechet Golovko, le lien ici : Novorossiya Today
L'article d'Olivier Renault, le lien ici : LGTB comme arme de guerre contre le Donbass

Retour sur le Maïdan

Analyse du coup d'Etat occidental en Ukraine


Dans cette vidéo Lucien Cerise analyse cette "Révolution du Maïdan" qui a mis le feu eux poudres en Ukraine et qui s'est révélée depuis être une opération de renversement du gouvernement Ianoukovitch organisée par les occidentaux et s'appuyant sur des groupuscules extrémistes lancés dans les rues de Kiev.

Lucien Cerise présente son livre : 
« Retour sur Maïdan, la guerre hybride de l’OTAN »



dimanche 21 mai 2017

Le verrou de Yasinovataya/Avdeevka

Nouvelle pression ukrainienne sur le front de Yasinovataya


Mickhael Andronik, du service d'information du Ministère de la Défense est allé vivre plusieurs heures sur la première ligne de ce front très actif depuis mars 2016 et qui a connu ces derniers jours une nouvelle escalade militaire par des bombardements et attaques ukrainiennes violentes.

Ce front de Yasinovataya a fait l'objet ici de nombreux articles et points de situation et la nouvelle pression ukrainienne qu'il subit depuis cette semeine passée confirme son importance stratégique de 1ère importance. 

Rappel :

A partir du 5 mars 2016, les forces de Kiev ont entamé des "sauts de crapaud" à l'intérieur de la zone grise située entre le front républicain de Yasinovataya et le front ukrainien de Avdeevka. L'objectif de cette pression offensive qui est une violation flagrante des accords de Minsk mais jusque là restée impunie est triple :
  • Réduire, comme dans d'autres secteurs du front (Debalsevo, Zaitsevo, Marinka, Kominternovo etc...) la zone neutre et par conséquent le temps de réaction de la défense républicaine  jusqu'à la rendre impossible an niveau de la première ligne.
  • Couper l'axe logistique Donetsk-Gorlovka, en menaçant la route par les feux des unités d'assaut et imposer ainsi de longues déviations par l'Est, ralentissant le déploiement de forces de réaction et de convois de ravitaillement.
  • Provoquer les forces républicaines espérant de leur part une contre attaque d'envergure qui serait aussitôt désignée comme violation et fin définitive des accords de Minsk 2 et prétexte à relancer une campagne offensive.
  • Obliger les forces républicaines à renforcer considérablement les lignes de défense de ce secteur vital et par conséquent d'y fixer des unités prélevées dans les forces de réaction rapide normalement déployées à l'arrière en réserve stratégique. 


En janvier, l'armée ukrainienne, en continuant ses avancées jusqu'aux abords de l'usine de traitement d'eau qui dessert toute la région, a donné à ce secteur vital une nouvelle menace supplémentaire de dimension écologique et sanitaire...

Depuis, les combats meurtriers sont permanents eu égard aux zones de contact créées et dans lesquelles les belligérants sont à quelques centaines de mètres seulement les uns des autres. Cette semaine de nouvelles campagnes de bombardements intenses accompagnés de combats au sol ont provoqué dans ce secteur de Yasinovataya de nouvelles victimes parmi la population civile ainsi que dans les forces de défense républicaines.

Sur cette vidéo de 6 minutes qui tente de résumer des heures passées sous le feu ennemi on peut apercevoir au début et à la fin des arrivées caractéristiques de munitions incendiaires, vraisemblablement des obus fusant chargés au phosphore blanc, ce que Kiev a toujours contesté malgré les évidences répétées depuis 2014...


Au cours de la seule journée du 20 mai alors que le nombre de violations du cessez le feu était retombé à 40/50 tirs par jour pendant la période de la "trêve" pascale, plus de 400 tirs ont été réalisés par l'armée ukrainienne, principalement dans la périphérie Nord et Ouest de Donetsk.

Au milieu de cette ligne de front Nord de Donetsk des habitants survivent depuis 3 ans adaptant leur quotidien au rythme des bombardements ukrainiens qui interviennent chaque nuit à partir du crépuscule et même parfois peuvent frapper les zones résidentielles en journée. Ces derniers jours, le village de Spartak situé entre l'aéroport et Yasinovataya a de nouveau été bombardé dans son quartier résidentiel, endommageant plusieurs maisons et l'école. 

Dans ce village martyr, 77 habitants survivent depuis 3 ans, sans électricité ni gaz dormant dans les caves chaque nuit tandis que les obus de façon aléatoire et aveugle s'abattent en surface. 


Photo Mikhael Andronik
Vika est une jeune orpheline de 9 ans qui vit avec sa grand mère au milieu des décombres du village. Au mois d'avril, avec Guillaume Chauvin, un ami et photographe français venu plusieurs fois couvrir ce conflit du Donbass, nous avions rencontré cette petite princesse dont le courage n'a d'égal que sa fragilité d'enfant. Vika, entre les larmes et les sourires incarne cette espérance blessée du Donbass, mais qui reste debout malgré l'infamie criminelle de notre ploutocratie occidentale.

Aujourd'hui, 21 mai une série de bombardements ukrainiens est intervenue loin de la ligne de front, au centre du village. 5 obus de 152mm et 2 obus de 120mm qui sont tombés dans la cour où Marina et Vika les 2 enfants restant dans le village faisaient leurs devoirs d'école. Après 3 années de guerre, les 2 fillettes, toujours les sens en alerte, ont su identifier les arrivées et bondir se réfugier dans une cave toute proche avant les impacts.



Oktyabrsky, 21h00, l'électricité, un moment coupée par les bombardements proches est revenue dans la rue silencieuse d'Oktyabrsky... 
La nuit sous les étoiles tousse à intervalles réguliers des crachats d'acier qui tracent de leurs détonations la ligne de front toute proche.
Plus loin vers le Nord Est des explosions plus sourdes parviennent de Yasinovataya.

La guerre tel un monstre de légende rampe et respire encore et toujours aux portes de la cité au millions de roses...


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya 


Sources de l'article 




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S'il vous plaît, pour m'aider dans le travail de réinformation et l'aide engagée auprès des habitants sinistrés de mon quartier

Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos, mais également par des crapules, jaloux ou obsédés du monopole de l'information venus jouer les vautours dans le Donbass..

J'ai réduits mes besoins de subsistance à leur portion congrue (8 000 roubles par mois (150 euros au taux de change local) pour pouvoir plus encore aider des personnes isolées et des familles de mon quartier.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel

Bien à vous
Erwan




jeudi 18 mai 2017

Rencontre avec Segonia.ru

Source de l'article: Novorossiya Today

Le peuple du Donbass m'a offert une nouvelle naissance



La loi des séries semble intervenir également pour les entretiens avec les médias, car quelques jours après l'interview réalisée pour News Front, en voici une autre série réalisé pour le média russe "Segodnia.ru" venu me rencontrer dans les locaux de Novorossiya Today... 

La France a beaucoup à apprendre du Donbass

La France est une marionnette du Nouvel Ordre Mondial

L'OTAN entre en Ukraine

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J'ai réduits mes besoins de subsistance à leur portion congrue (8 000 roubles par mois (150 euros au taux de change local) pour pouvoir plus encore aider des personnes isolées et des familles de mon quartier.

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Erwan




Ce n'est pas nous qui avons commencé

...mais c'est nous qui allons gagner !

Aux soldats républicains qui la nuit dernière sont encore tombés sur le front du Donbass, pour protéger leurs familles jusqu'au sacrifice ultime...

Givi et Motorola, les chefs des bataillons Somali et Sparta, héros lâchement assassinés mais dont le souvenir anime toujours et renforce les coeurs des défenseurs du Donbass 
Lorsqu'on observe et écoutons les 2 propagandes, titans idéologiques qui s'affrontent par dessus le fracas des tranchées  bien au delà des horizons du Donbass, on est frappé par l'opposition existante entre les 2 dynamiques organisées :  D'un côté, une mentalité kiévienne puisant dans un passé fasciste des lieux communs anti-soviétiques désuets pour raviver une haine russophobe hystérique et de l'autre côté, une mentalité tournée vers un avenir nouveau à construire autour de l'amour d'une terre, de son histoire et de ses traditions.

Depuis 3 ans des femmes et des hommes du Donbass se battent aux portes de leurs cités pour défendre la liberté de leurs familles vivant à quelques minutes seulement derrière la ligne de feu quotidienne qui tue et détruit depuis 3 ans jour après jour cette terre noire parce qu'elle est habitée par des russes...

Ce peuple, après avoir observé le coup d'Etat déclenché sur le Maïdan pendant l'hiver 2013-2014 a vu tel un cyclone de fer et de feu, la folie génocidaire apporter la mort et les destructions dans son sanctuaire historique...

Ces familles, pour protéger les rêves de leurs enfants se sont levées et avancées au devant des blindés et sous les obus. 3 ans après et près de 20 000 morts, le front est toujours là, apportant son lot quotidien de sang et de larmes, mais le Donbass reste debout ! 

Voici un clip réalisé par le service militaire de l'information 
qui illustre cette réalité familiale de la défense du Donbass

Arc boutés à leur Liberté et leur dignité, les miliciens, devenus depuis les soldats aguerris des jeunes républiques de Donetsk et Lugansk, depuis 3 années défendent heure après heure, mètre par par mètre cette ligne de front infernale, la plus longue guerre de position que l'Europe ait connu depuis la guerre 14-18.

Bien qu'inférieurs en nombre, leur victoire est cependant assurée car ces femmes et ses hommes ont des armes invincibles que même la plus puissante armée ne pourra jamais détruire :
  • l'amour de leurs enfants qu'ils protègent à quelques centaines de mètres des jeux où eux mêmes ont semé leurs rêves d'enfant;
  • l'héritage historique d'un peuple invaincu qui a forgé son identité aux feux des guerres et des mines quel qu'en soit le prix;
Voilà pourquoi, même s'il faudra certainement chèrement la gagner, la victoire est acquise aux Républiques du Donbass car elles sont populaires, légitimes et justes.

Comme le disait Givi, le commandeur mythique du bataillon Somali lâchement assassiné comme son camarade Motorola du bataillon Sparta : "On ne peut vaincre ceux qui refusent de se rendre !"

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

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J'ai réduits mes besoins de subsistance à leur portion congrue (8 000 roubles par mois (150 euros au taux de change local) pour pouvoir plus encore aider des personnes isolées et des familles de mon quartier.

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Erwan




mercredi 17 mai 2017

Le front du Donbass recommence à bouillir

Le retour de la terreur kiévienne sur le front


Ce soir 17 mai 2017, l'horizon au Nord et à l'Ouest de Donetsk vit un retour vif de bombardements puissants ainsi que de combats importants. Après une accalmie relative pendant la période pascale, le front depuis 2 jours a été réveillé par une escalade ukrainienne meurtrière. 

Tandis que Stepan Poltorak, le Ministre ukrainien de la Défense assurait lors d'une visite en Allemagne que l'Ukraine n'avait pas l'intention de lancer une offensive contre le Donbass, depuis le 16 mai, les bombardements ukrainiens et mêmes des attaques au sol et échanges de tirs ont repris sur le front du Donbass et principalement au Nord de Donetsk dans le secteur de Yasinovataya, avec une extension sensible au Sud jusque Spartak et l'aéroport. La veille déjà la reprise des actions offensives ukrainiennes avait débuté avec un retour des bombardements sur les quartiers résidentiels de Yasinovataya où une maison de la rue Pobeda avait été incendiée.

Hier soir vers 21h00 les bombardements ukrainiens avaient gagné le secteur de Spartak où plusieurs bâtiments ont été touchés et ont nécessité l'intervention d'unités de pompiers de Donetsk. Les bombardements qui se sont poursuivis tard dans la nuit ont été accompagnés d'échanges de tirs nourris entre chars et véhicules de combats d'infanterie.



Au cours de ces bombardements ukrainiens 1 soldat républicain a été tué et 2 autres blessés par des tirs qui ont également touché plusieurs maisons d'habitation civile, à Donetsk, Yasinovataya et Gorlovka.

Ce matin à l'aube, les tirs ont repris crescendo avec des combats qui ont gagné le secteur de l'aéroport et après une accalmie de quelques heures les activités offensives ukrainiennes ont repris en fin d'après midi, vers 17h00.

Ce soir les tirs ukrainiens sont plus en plus violents et leur bilan également plus lourd car, alors que les pilonnages continuent on déplore déjà à Krutaya Balka (front de Yasinovataya) 2 victimes civiles, Raisa Nikolaevna Boorowa, une femme de 58 ans qui a été tuée par un tir direct sur sa maison, et Vitaly Nakropov, un homme de 34 ans, grièvement blessé et actuellement dans un état critique à l'hôpital de Yasinovataya.

Sur le Check point de Kruta Balka sur la ligne de front de Yasinovataya des combats violents ont eu lieu, et 4 ou 5 soldats républicains (selon les sources) ont été tués et plusieurs autres grièvement blessés lors d'une attaque de chars ukrainiens. Plus au Nord d'autres soldats républicains ont été grièvement blessés dans le secteur de Debalsevo. Au Sud également des informations non confirmées signalent des pertes dans le secteur de Kominternovo.



Au cours des dernières 24h00, Kiev derrière ses discours mièvres a donc confirmé son intention d'engager une escalade meurtrière sur ce front du Donbass quin'en finit pas de tuer des militaires, des civils et détruire infrastructures et habitations.(2 ecoles et une douzaine de maisons rien que pour la nuit passée)

Même si le qualificatif d'offensive ukrainienne utilisé par certains médias de soutien est pour le moment exagéré, l'escalade militaire imposée par Kiev est suffisamment inquiétante pour être signalée, d'autant plus que des informations recueillies par les services de renseignement de la DNR, font état entre Donetsk et Gorlovka, de déploiements de chars en première ligne et d'acheminement logistiques importants tels que des convois de munitions d'artillerie depuis Slaviansk .

Profitant d'un regain de tension entre la Russie et les USA, Kiev a décidé de monter d'un cran sa politique russophobe, augmentant ses sanctions économiques, décrétant un blocage prochain des réseaux sociaux russes sur son territoire, l'interdiction de porter le ruban de Saint Georges etc...
Sur le terrain, son armée sans toutefois (et pour le moment) se lancer dans l'aventure suicidaire d'une grande offensive frontale, semble à nouveau vouloir entrer dans une nouvelle phase de pression offensive mesurée, destinée d'une part à faire plier la ligne de front pour obliger les forces républicaines à renforcer leur dispositif de défense en engageant leurs réserves, et d'autre part à terroriser la population civile et l'inciter à abandonner les zones urbaines du front ou au minimum à ne pas y revenir.

J'ai essayé de décrire cette stratégie à partir du déploiement ukrainien observé sur la ligne de front ici : "La stratégie offensive de Kiev" . Une stratégie ukrainienne de pression progressive qui cherche d'abord, en occupant la "zone grise" séparant les 2 lignes belligérantes, a gratter mètre après mètre et à la barbe des accords de Minsk des lambeaux de terrain par des "sauts de crapaud" ainsi que nomment les ukrainiens eux-mêmes ce grignotage coûteux en hommes et matériels .

23h00, les bombardements ukrainiens semblent se calmer dans le Nord de Donetsk, seuls quelques tirs erratiques subsistent, tandis que les échanges de tirs d'infanterie se font toujours entendre à quelques centaines de mètres...

Demain est un autre jour, quoique ...


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Au contraire de son discours officiel, le dispositif militaire trahit l'intention offensive de Kiev


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J'ai réduits mes besoins de subsistance à leur portion congrue (8 000 roubles par mois (150 euros au taux de change local) pour pouvoir plus encore aider des personnes isolées et des familles de mon quartier.

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Bien à vous
Erwan



Opération "10 euros pour un printemps"

Projet humanitaire pour Oktyabrsky



Depuis plusieurs mois, dans le quartier d'Oktyabrsky où j'habite, j'essaye d'aider les personnes qui autour de moi souffrent de la guerre qui sévit dans ce secteur Nord de Donetsk avec virulence depuis 3 ans maintenant. Voisins, amis, ces personnes ont souvent subi des dommages matériels importants, une rupture sociale et ne sont pas économiquement en mesure de les restaurer.

1 / Les dommages matériels 

Les aides humanitaires organisées depuis la Russie sont énormes mais malheureusement il manque un dernier maillon qui permet de mettre en oeuvre les réparations des maisons dont une partie reste à la charge des propriétaires (achats de certains matériaux, déplacements, main d'oeuvre etc...). Le niveau de prise en charge dépend en effet de la catégorie dans laquelle ont été classés les dommages subis par l'habitat (1 : complètement détruit; 2 : endommagé mais réparable; 3 : fenêtres brisées). Et pour les autres dégâts comme les voitures par exemple dont un grand nombre a été détruit ou mis hors d'usage, rien n'est possible.

2 / Les dommages économiques

La plupart des familles du Donbass ont été économiquement et socialement impactées par la guerre et particulièrement sur la zone de front où l'activité économique s'est considérablement dégradée et même souvent cessée suite aux fermetures des usines, des sociétés endommagées ou menacées par les bombardements.quotidiens. Dans le quartier d'Oktyabrsky jusque dans le secteur de la gare tandis qu'une grande partie de la clientèle hésite toujours à s'approcher du quartier bombardé, l'autre partie a vu son pouvoir d'achat considérablement chuté. Par exemple 3 restaurants sur 4, l'hôtel et de nombreux commerces ont fermé progressivement depuis 3 ans.

3 / Les dommages sociaux

Un malheur n'arrivant jamais seul, ce nombreuses personnes ont vu la guerre s'accompagner également d'un cortège de douleurs et problèmes familiaux, sanitaires, et sociaux que la situation économique dégradée rendent plus difficiles encore à gérer. Pertes de parent ou de conjoint, maladies d'enfants ou de grands parents etc... tous ces événements tristes de la vie mais dont la résonance est ici amplifiée par la guerre. Un des problèmes majeurs est le règlement des soins et médicaments qui ne bénéficie pas de prise en charge et devient rapidement un cauchemar par exemple pour les personnes âgées qui n'ont qu'une maigre pension mensuelle pour survivre (3000 roubles environ soit 50 euros)...


Bref, une population où beaucoup éprouvent de grandes difficultés à "joindre les 2 bouts" qui leur permettent de survivre au jour le jour, au point que malgré une mendicité qui ici n'est pas coutumière, on peut observer régulièrement des personnes fouillant les poubelles ou bradant leurs affaires pour pouvoir manger.

Avec Yvan Adamets, maire de Kuybishevsky
Voilà pourquoi, en coordination avec les autorités du district de Kuybichevsky et avec l'aide de voisins et amis je pars à la rencontre des situations urgentes désignées ou repérées pour essayer d'apporter l'aide provenant des dons reçus.

Après une première réunion avec les services en charge des soutiens aux familles,  j'ai rencontré le 14 avril 2017, Yvan Adamets, le chef de l'administration du district,  pour lui présenter les actions réalisées et en projet.

Ainsi depuis le début de l'année 2017, plus de 120 000 roubles ont pu être distribuées dans des familles en grande difficulté. Prise en charge des factures alimentaires ou de gaz, règlement de factures médicales, réparation de 2 logements endommagés (1 appartement et 1 maison individuelle), actions qui se prolongent ce mois ci avec la réparation de nouvelles fenêtres et la poursuite de la prise en charge d'un traitement médical pour un enfant de 5 ans, déjà en difficulté et qui a perdu l'usage de la parole suite au traumatisme des bombardements vécus dans sa rue.

Malgré les lâches et stupides attaques d'Eric B (pour connaître son identité, contactez moi en privé), une crapule venue s'échouer à Donetsk qui après m'avoir volé 10 000 roubles attaque les réseaux sociaux de soutien au Donbass et me menace aujourd'hui ainsi que les personnes victime de la guerre que j'ai aidé, je poursuis ces actions grâce à la générosité d'un réseau qui reste fidèle depuis 3 ans et soutient la population civile bombardée quotidiennement.. 
"les chiens aboient et la caravane passe !"

Ainsi grâce aux dons du réseau j'ai pu engagé le mois dernier la réparations des murs et le changement des fenêtres d'un nouveau logement qui avait été endommagé par les bombardements et participer au règlement des médicaments qu'une grand mère n'a pas les moyens de financer. 
La somme réglée s'élève à 23 589 roubles à laquelle il faut rajouter 5 000 roubles donnés pour les achats des médicaments quotidiens.

Dans une autre famille, c'est la prise en charge du traitement du petit Igor, cet enfant dont l'autisme s'est aggravé brutalement avec les bombardements et pour laquelle ont été dépensées 36 000 roubles, comprenant les 2 semaines de soins réalisés chez un spécialiste en Ukraine, les transports et les frais d'accompagnement de l'enfant par la maman.


Même si elles ne sont pas comparables, j'ai conscience que les difficultés économiques existent aussi en France, c'est pourquoi dans l'espoir de poursuivre ici les actions engagées, avec les habitants et les autorités civiles et religieuses du quartier j'ai appelé ce projet d'aide humanitaire pour Oktyabrsky "10 euros pour un printemps", comptant que des ruisseaux associés permettre d'éteindre ici et là le feu des bombardements qui brûle des maisons et des coeurs.

"10 euros" (ou même moins), c'est dans de nombreux pays le prix d'un paquet de cigarettes mais ici c'est quasiment 1 semaine de courses alimentaires. Voilà pourquoi aucun don même le plus petit est négligeable...

L'objectif est de trouver un groupe de petits donateurs réguliers permettant de dégager des sommes suffisantes pour des aides importantes amis aussi de pouvoir les planifier avec les autorités et les entreprises sollicitées.

Tant que le système bancaire du Donbass n'est pas connecté vers l'étranger, les transferts doivent transiter via un compte bancaire puis un virement Western Union dont les frais importants restent toujours inférieurs à ceux d'un virement dans une banque à Rostov (frais + déplacement) 


En vous remerciant vivement de votre soutien financier et de cette aide tant morale que matérielle à la population du quartier d'Oktyabrsky, je vous adresse toute mes amitiés dévouées car sans vous il serait impossible de soigner aussi bien l'espérance blessée de ces enfants, ces femmes et ces hommes du Donbass.


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya



mardi 16 mai 2017

Bienvenue en démocratie kiévienne !

Au royaume kiévien de Tartuffe et Torquemada !


La liberté d'expression est certainement le terreau de l'expression démocratique, là où la plupart des autres libertés fondamentales de l'Homme prennent naissance et grandissent. Toute censure est pour moi l'expression d'un colonialisme totalitaire de la pensée honteux, illégitime et faible. 

Kiev nous en fait une nouvelle démonstration :

La dynamique "démocratique" ukrainienne que notre belliciste BHL avait décrite en 2014, comme "un souffle qui ranime le rêve européen" confirme chaque jour un peu plus son caractère incendiaire et psychotique qu'il l'a fait naître il y a un peu plus de 3 ans sur le Maïdan, 

Ce pouvoir halluciné de Kiev nous ressert chaque jour feux d'artifice propagandistes célébrant les droits de l'Homme, l'ouverture européenne, les libertés sans limite etc... en attendant les putschistes du Maïdan qui ne survivent à leur folie criminelle que grâce à des perfusions occidentales, ont ranimé les feux de la haine, de la guerre, de la pauvreté et éteint ceux du respect de l'autre, de la liberté d'expression, et de la paix...

Ce 16 mai, Porochenko, cette marionette milliardaire de l'Union Européenne servant les intérêts militaro-industriels de la finance internationale a prononcé un oukase organisant la fermeture des réseaux sociaux russes sur internet à compter du 1er juin prochain...

Cette censure torquemadienne n'est pas la seule, elle fait partie d'un cortège inquisitoriale hallucinant de nouvelles sanctions économiques, politiques, symboliques toutes aussi débiles qu'impopulaires mais qui ont en commun une haine psychotique du Monde russe ! Ainsi la mesure symbolique d'interdire le port du ruban de Saint Georges, symbole impérial russe et emblème des défenseurs de la Russie et de la journée de la victoire contre le nazisme, montre bien que la compréhension de la politique ukrainienne relève aujourd'hui du domaine psychiatrique...

Les banksters français en rêvent depuis longtemps, magouillant et rampant sournoisement mais surement vers la dictature totale de la pensée unique, mais leur bouffon ukrainien quant à lui l'a fait directement sans craindre d'afficher ce trait partagé avec ses mentors occidentaux : le mépris de son peuple !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Source de l'article : Russie politics

Ukraine: du rêve européen à la Corée du Nord


par Karine Bechet-Golovko 

"Dans l'euphorie de l'obtention du régime sans visas avec l'UE, qui a été interprété par l'Ukraine comme la rupture définitive avec la Russie, P. Poroshenko décide de radicaliser l'européanité de l'Ukraine: bloquer l'accès à l'internet russe, interdire le ruban de Saint Georges et en terminer avec l'Eglise orthodoxe du Patriarchat de Moscou. Du rêve européen, le Maïdan conduit à la Corée du Nord.

Le 28 avril 2017, le Conseil national de sécurité adopte une décision selon laquelle des sanctions doivent être adoptées contre 468 personnes morales et 1228 personnes privées. Mais ce n'est qu'après les manifestations du 9 mai dans toute l'Ukraine (voir notre texte ici), dont l'ampleur a fait trembler le pouvoir, que le Président P. Poroshenko a décidé de punir son propre peuple. Ce peuple dissident, qui ose ne pas rejeter ses racines.

Les sanctions adoptées sont très variées. Evidemment, les banques sont visées et les systèmes de transfert de fonds, sans pour autant que ces mesures ne puissent aujourd'hui avoir une réelle incidence sur le secteur. Dans le domaine économique, l'interdiction d'utilisation du programme de comptabilité 1C, utilisé par 80% des entreprises ukrainiennes est beaucoup plus dommageable pour l'économie ukrainienne elle-même. Si les grandes entreprises pourront, non sans frais supplémentaires, reformater leur système comptable, les PME risquent la banqueroute. Cela concerne plus de 300 000 entreprises. L'économie ukrainienne se porte déjà assez mal, cette mesure ne va pas l'aider à redémarrer.

Le plus symbolique touche l'interdiction du Monde russe. Avec l'ampleur du mouvement populaire du 9 mai, le fait que les gens n'aient finalement pas eu peur de sortir dans la rue, que les vétérans portaient le ruban de St Georges, très symbolique dans l'histoire russe depuis l'Ancien régime (voir notre texte ici), le pouvoir a pris conscience du fait qu'il n'avait pas réussi à réduire au silence son peuple. Le Maïdan n'a pu accoucher d'un Homme nouveau, mais simplement de quelques rejetons fanatiques. 

Or, il est bien connu que les réseaux sociaux et l'internet jouent un rôle aujourd'hui autant sinon plus important que la télévision. Le pouvoir ukrainien soupçonne la Russie d'avoir utilisé les réseaux sociaux pour mobiliser cette partie, manifestement importante, de la population qui ne suit pas le radicalisme de Kiev.

Mais en demandant la fermeture des réseaux sociaux russes (équivalent de Facebook et de Google) et des services de mails, Kiev part en guerre contre des millions de simples citoyens. Pour exemple, Yandex, le moteur de recherche russe, compte 11 millions d'utilisateurs en Ukraine et Mail.ru 25 millions. Et le Facebook russe (Vkontakte et Odnoklassniki) est encore plus populaire. Cela fait des millions de personnes qui doivent changer leurs habitudes, ne sachant pas très bien pourquoi. Des millions de gens qui ne sortent pas dans la rue manifester contre Kiev, des millions de gens qui tentaient de vivre comme si de rien n'était dans l'après-Maïdan. Des millions de personnes à qui Kiev ouvre les yeux: il y a un avant et un après. Il n'est plus possible de faire semblant que rien ne s'est passé et que tout continue comme avant. Les premières réactions sur Twitter sont ironiques: 


"J'ai téléphoné au SBU et signalé 17 séparatistes qui trainent sur Odnoklassniki. Ils ont aimé ma photo. Gloire à l'Ukraine"

"Et pourquoi en Ukraine ils ont bloqué VKontakte? Parce que Porochenko n'avait pas suffisamment d'abonnés"

Les organismes interationaux ont réagi avec beaucoup de retenue:
  • La représentante de Reporters Sans Frontières en Ukraine, Oksana Romaniouk, a quant à elle parlé d'"interdiction étrange et inattendue". "Soi-disant, c'est parce que la Russie gagne de l'argent sur nos utilisateurs et que nous en sommes en guerre. Mais excusez-moi, ce sont des sanctions contre les citoyens eux-mêmes", a-t-elle écrit sur Facebook.
  • Interrogé par l'AFP, Sergueï Plougotarenko, directeur de l'Association russe des communications électroniques, a regretté une décision "pas intelligente et inélégante qui affecte d'abord les utilisateurs ukrainiens". 
  • Interrogé par l'agence russe RIA Novosti, P. Leruth, président de la Fédération internationale des journalistes a déclaré que cette mesure s'assimilait à de la censure, ce qui dans n'importe quel pays contrevient aux principes de liberté d'expression et de liberté de la presse.
Pour l'instant, les dirigeants européens semblent avoir d'autres priorités concernant l'Ukraine et leur réaction tarde à venir. L'eurovision est terminé, ils peuvent retomber dans leur apathie. Quant à l'OTAN, l'organisation estime qu'il ne s'agit pas d'une atteinte aux libertés, mais d'une question de sécurité nationale. Sans sourciller. Internet, le parangon de la liberté dans nos démocraties post-modernes et post-vérité. Le dieu de l'Olympe néolibéral. Alors que toute tentative de réglementation pour lutter contre les groupes de la mort, contre la pédophilie, contre le terrorisme sur internet est considérée comme une atteinte inacceptable de l'Etat contre la liberté absolue de l'individu. L'Ukraine peut bloquer Masha et l'Ours, arme de destruction massive de la Russie orientée vers l'Occident.

Puisque tout est permis, Kiev en profite pour aller encore plus loin et s'attaque au coeur du Monde russe, à l'Eglise orthodoxe du Patriarchat de Moscou. A ce sujet, il n'y a pas une seule ligne dans la presse française. Rappelons que, à côté de la présence historique de l'Eglise orthodoxe du Patriarchat de Moscou, encore très influente en Ukraine aujourd'hui (voir notre article sur la Marche de la Paix organisée par les orthodoxe en Ukraine), il existe une autre Eglise, L'Eglise ukrainienne du Patriarchat de Kiev, qui n'est pas reconnue comme Eglise par la Chrétienté et est soutenue par le pouvoir. Elle a été fondée en 1992 par le renégat Filaret pour soutenir les nationalistes, rôle qu'elle continue toujours à jouer.

Or, deux projets de loi doivent être examinés par la Rada le 18 mai 2017 (détaillés en anglais ici). Le premier prévoit la participation du pouvoir à la nomination des métropolites et de l'épiscopat. Si les organes religieux vont "collaborer avec le pays agresseur", alors le pouvoir peut les interdire. Le deuxième projet de loi prévoit la possibilité pour chaque communauté de croyants de voter à la majorité simple pour sortir du Patriarchat de Moscou et entrer dans celui de Kiev, ce qui comporte également le transfert de propriété immobilière. 

L'Ukraine radicalise ainsi sa politique et prend quelques risques. Elle risque de provoquer le mécontentement populaire dans une part de la population qui vivait tranquillement sa vie, envers et malgré tout. Elle force ainsi sa population à ouvrir les yeux sur la véritable nature du régime, ce qui est très bien, car rien n'est plus dangereux que la fausse normalité dont la plupart des gens s'arrangent avec ferveur. Par ailleurs, Kiev se prive ainsi d'un instrument, car le pouvoir utilisait aussi les réseaux sociaux russes pour sa propagande. Sans parler des dommages inutilement causés à l'économie nationale, qui semble vraiment ne pas faire partie des priorités nationales.

Autrement dit, l'Ukraine choisit une voie qui, si elle la rapproche petit à petit de l'Union européenne, l'éloigne de plus en plus de l'Europe."

Karine Bechet-Golovko 


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S'il vous plaît, pour m'aider dans le travail de réinformation et l'aide engagée auprès des habitants sinistrés de mon quartier

Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos, mais également par des crapules, jaloux ou obsédés du monopole de l'information venus jouer les vautours dans le Donbass..

J'ai réduits mes besoins de subsistance à leur portion congrue (8 000 roubles par mois (150 euros au taux de change local) pour pouvoir plus encore aider des personnes isolées et des familles de mon quartier.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel

Bien à vous
Erwan




Olduvai sur le Dniepr

Voici une analyse de Dmitry Orlov sur la situation de l'Ukraine après 3 années de crise et une guerre qui a fissuré définitivement le montage récent de ce pays surdimensionné et saturé d'artificialités identitaires forcées et incompatibles...


Source de l'article : Saker francophone

Par Dmitry Orlov – Le 9 mai 2017 – Source Club Orlov

"Je suis dans le business de la prédiction d’un effondrement depuis plus d’une décennie, avec des résultats relativement bons dans l’ensemble. Un des aspects de la prévision d’un effondrement qui pose problème, c’est le calendrier. La raison pour laquelle c’est difficile est bien comprise : l’effondrement est une sorte de transition de phase, et les transitions de phase sont notoirement difficiles à prédire avec précision. Il est également presque impossible d’établir ce qui les déclenche. Quand une goutte de pluie d’eau super-refroidie va-t-elle subitement se transformer en un flocon de neige? Seul le flocon de neige le sait. Qu’est-ce qui a déclenché l’effondrement de l’URSS? Si vous avez également une opinion sur le sujet, dites-le moi. Je vous en remercie.

Un autre aspect de ma méthode qui pourrait être amélioré est son manque de rigueur quantitative. J’ai pu faire un grand nombre de prédictions qualitatives assez précises, toutes basées sur un raisonnement par analogie. Par exemple, après avoir observé l’effondrement de l’URSS et ses retombées immédiates, puis, en imaginant à l’aide d’expériences de pensée comment les États-Unis pourraient faire face à un effondrement, j’ai pu formuler quelque chose que j’ai appelé la Soupe de l’effondrement d’une super-puissance. Ses principaux ingrédients sont : un grave déficit dans la production de pétrole brut, un déficit commercial important et systémique, un budget militaire surdimensionné et gonflé, une armée démesurée et incapable de victoire, des niveaux invalidants de dettes non remboursables et une élite politique accrochée au pouvoir, corrompue à un niveau systémique et incapable de réforme. Au cours de la décennie écoulée depuis que j’ai abordé ces sujets, les événements que j’ai prédits se sont déroulés avec une certaine précision. Les États-Unis perdent régulièrement de leur domination économique et militaire; ils ne peuvent plus se faire respecter diplomatiquement dans le monde; la dernière goutte sera la perte du contrôle de leur emprise financière sur l’économie mondiale.

Il est amusant et instructif de regarder les superpuissances se bousculer pour se positionner et finalement s’effondrer, mais ce n’est que la toile de fond d’un phénomène beaucoup plus important, qui commence à se dérouler à vitesse croissante : le déclin de l’ère industrielle. Voici une autre analogie : l’idée que, dans dix ans, la plus grande partie du monde actuellement industrialisé sera clairement et de manière évidente loin sur la voie de la désindustrialisation, peut sembler tout aussi étrange maintenant, que l’idée que les États-Unis perdraient rapidement leur position de superpuissance mondiale il y a dix ans, lorsque j’ai abordé le sujet.

Mais il y a aussi une différence importante : l’activité industrielle est beaucoup plus facilement quantifiable que des questions telles que la domination politique et militaire. En particulier, la théorie Olduvai de Richard Duncan, datant de 1989, fournit un bon guide pour les événements à venir. Son nom plus long est « la théorie de l’impulsion transitoire de la civilisation industrielle ». Son idée principale est que l’âge industriel s’étendrait sur à peu près cent ans, de 1930 à 2030, avec un pic quelque part au milieu. Sa prédiction était que, d’ici 2030, l’activité industrielle diminuera jusqu’à revenir au niveau de 1930.


La mesure spécifique qu’il a décidé de suivre est la consommation d’énergie par habitant. Sa théorie a fait l’objet de critiques au cours des dernières années, à cause de deux facteurs. Tout d’abord, au lieu de diminuer au cours des dernières décennies, l’utilisation de l’énergie par habitant a en fait augmenté de façon modeste. Deuxièmement, diverses avancées technologiques, y compris la possibilité de déplacer l’information sous la forme de signaux électroniques, plutôt que de supports plus volumineux tels que le papier, ont permis d’améliorer l’efficacité et ont permis d’augmenter le niveau d’activité industrielle pour un même niveau de consommation d’énergie par habitant.

Cette critique est faible sur les deux points. Tout d’abord, les niveaux croissants et soutenus d’utilisation d’énergie par habitant ont été obtenus en augmentant constamment la dette, ce qui a temporairement compensé les coûts croissants de la production d’énergie. L’effet global a été de diminuer la consommation d’énergie et la croissance économique. Les prix de l’énergie sont faibles, parce que c’est tout ce que les consommateurs peuvent se permettre de payer et les producteurs d’énergies sont obligés d’emprunter pour compenser la différence entre leurs coûts de production et leurs gains. Lorsque la croissance économique s’arrête et même se renverse (ce que les Français appellent « décroissance »), le fardeau de la dette devient insoutenable, les entreprises d’énergie quittent ce secteur d’activité et l’utilisation de l’énergie par habitant diminue de façon précipitée. Ainsi, le phénomène qui a permis l’utilisation de l’énergie par habitant d’établir de nouveaux mais modestes records a produit un plateau d’Olduvai, qui sera suivi d’une falaise d’Olduvai encore plus raide, une fois que ce schéma va forcément échouer, essentiellement celui qui consiste à tenter d’emprunter avec, en collatéral ou en garantie, un avenir inexistant. Ce moment n’est pas loin : au moment où j’écris ces mots, le secteur de l’énergie a largement cessé d’être rentable, et il y a une vague croissante de compagnies d’énergie qui entrent en faillite.

Sur le deuxième point, il est important de comprendre l’ingrédient clé derrière tous les gains d’efficacité technologique modernes. Oui, nous avons gagné la capacité de communiquer électroniquement au lieu de déplacer des bouts de papier. Nous disposons maintenant de réseaux d’approvisionnement globaux et de systèmes de livraison en flux tendu qui ont permis d’éliminer en grande partie les coûts liés au maintien de l’inventaire local. Nous avons automatisé et robotisé les processus de fabrication et les systèmes de contrôle des procédés, qui ont rendu la production industrielle beaucoup plus efficace dans l’utilisation des matériaux et de l’énergie. Mais qu’est-ce qui sous-tend toutes ces avancées? C’est la disponibilité du réseau électrique. Aucun d’entre eux ne serait possible sans l’accès universel à des sources fiables d’électricité. Et c’est précisément la disparition du réseau électrique, que Richard Duncan a vue comme l’événement déclencheur qui indiquera la fin de l’ère industrielle.

Lorsque l’astuce d’emprunter sur un avenir inexistant afin de maintenir un niveau élevé d’utilisation d’énergie par habitant finira par échouer (comme le présent montre déjà des signes de faiblesse), la disponibilité en énergie va diminuer, les réseaux électriques vont tomber en panne et tous les gains d’efficacité poussés par plus de technologie seront effacés, tous en même temps. Richard Duncan n’est pas le seul ingénieur à échouer à prédire la fonction importante que l’augmentation exponentielle de la dette a jouée, dans l’extension de l’ère industrielle sur une décennie ou deux en plus, la chute devenant encore plus abrupte. Les ingénieurs aiment travailler avec des quantités physiques, et détestent admettre que quelque chose qui est essentiellement un jeu, joué avec des chiffres sur des morceaux de papier, ce qu’est la dette, puisse néanmoins constituer une force motrice physique obligeant les gens à agir. Sa manifestation physique la plus dramatique consiste à épuiser les ressources naturelles non renouvelables plus rapidement et plus complètement. Encore une fois, l’effet global est de réduire la capacité à prédire avec précision le moment de l’effondrement. En ce qui concerne la prédiction du résultat final, je crois que les prédictions de la théorie d’Olduvai subsistent.

Bien que nous puissions encore observer un rythme hebdomadaire d’activité industrielle tout autour de nous – des routes saturées par la circulation, des lumières partout, des navires portant des conteneurs et des supertankers arrivant dans les ports selon le planning prévu – il y a des endroits dans le monde qui sont déjà en phase d’effondrement industriel terminal. Pour voir que cela se passe, tout ce que nous devons faire est de regarder ce qui se produit un peu plus attentivement.

La science de la collapsologie est entravée par le fait que la plupart des effondrements à grande échelle – ceux impliquant des pays et des régions entières, des empires et des civilisations – ne peuvent être étudiés en laboratoire. Tout ce que nous pouvons faire, c’est les observer, faire des comparaisons et établir des analogies. Mais puisque le nombre de paramètres de variation entre pays, régions, empires et civilisations est, effectivement, infini, les collapsologues restent toujours ouverts à la critique, admettant qu’ils comparent des pommes à des oranges. Mais cette critique est-elle valable, en ce qui concerne l’effondrement industriel mondial? Après tout, il n’y a plus qu’une seule civilisation industrielle mondiale. Même la Corée du Nord, avec son idéologie de Juche, ne fait pas exception, car même là, les gens se promènent comme des zombies, leurs globes oculaires collés à leurs smartphones fabriqués en Corée du Sud, leurs doigts frappant et caressant compulsivement leurs écrans tactiles. Et là, comme partout ailleurs, les smartphones fonctionnent aussi longtemps qu’il existe des prises électriques fonctionnelles pour brancher leurs chargeurs et faire fonctionner des réseaux cellulaires et wifi auxquels ils peuvent se connecter. Et ces deux nécessitent… un réseau électrique.

Parfois, nous sommes confrontés à un scénario d’effondrement qui est aussi proche d’une expérience de laboratoire que nous pourrions le souhaiter. Supposons qu’un grand pays européen, fortement industrialisé, se soit engagé dans une voie de désindustrialisation rapide et catastrophique. Supposons en outre que sa capacité de production électrique soit compromise par une combinaison de facteurs qui entraîneraient une grande partie de celle-ci dans l’abîme en quelques années seulement. Enfin, supposons qu’il soit possible de tracer de nombreux parallèles entre les conditions politiques et sociales de ce pays et celles des États-Unis. Ne serait-ce pas une bonne étude de cas d’effondrement industriel?

Ce pays, c’est l’Ukraine. Avant l’effondrement de l’URSS, c’était une puissance industrielle et une pierre angulaire de l’industrie soviétique de la construction mécanique et de la défense. Après l’effondrement de l’URSS et jusqu’en 2014, sa base industrielle a été soumise à des pillages en masse par ses oligarques prédateurs, mais elle a encore maintenu ses liens économiques avec la Russie. Ces liens ont soutenu les exportations ukrainiennes dans des domaines tels que les fusées, les hélicoptères et les moteurs de bateaux, une gamme de produits liés à la défense et de nombreux autres biens durables et de consommation, tels que les tuyaux pour les gazoducs et la délicieuse graisse de porc séchée (sálo). Tout cela a changé avec le putsch de février 2014, qui a renversé le gouvernement constitutionnel et l’a remplacé par un gouvernement de marionnettes géré par les agents de la CIA et l’ambassade des États-Unis à Kiev. Le nouveau gouvernement a systématiquement détruit les liens économiques avec la Russie. À son tour, la Russie a été très heureuse de renier sa dépendance gênante et de commencer à produire des remplacements domestiques pour les importations ukrainiennes. Dans de nombreux cas, les spécialistes ukrainiens derrière les exportations de haute technologie ont également déménagé en Russie. L’Ukraine s’est retrouvée coincée avec la valeur de plusieurs wagons de chemin de fer de sálo invendable.

Bien que cette politique soit assez nettement inefficace, sous la pression politique des soi-disant « nationalistes ukrainiens », qui ont été encouragés par leurs soutiens américains, les liens avec les entreprises russes ont été systématiquement brisés et les industries d’exportations industrielles ukrainiennes ont fermé. Les mêmes « nationalistes » se sont efforcés d’aliéner tout l’Est du pays, en essayant de le contraindre à parler ukrainien : une idée absurde, étant donné que le russe était, et est toujours, utilisé dans tout le pays pour tout ce qui est intellectuellement plus difficile que de chanter des chansons patriotiques, de hurler des slogans nationalistes et tempêter et fanfaronner à la télévision nationale. Malheureusement, l’Est du pays, qui a effectivement cessé de faire partie de l’Ukraine, est l’endroit d’origine d’où venait la plus grande part du charbon utilisé pour la production d’électricité.

Fait intéressant, même au milieu des hostilités qui ont coûté la vie à environ dix mille personnes, les provinces orientales continuaient de fournir du charbon au reste du pays. Cela a changé plus tôt cette année, lorsque certains « nationalistes » ont bloqué illégalement les liaisons ferroviaires vers l’Est, paralysant les trains de charbon. Au lieu d’arrêter les auteurs, le gouvernement ukrainien a rapidement agi pour « légaliser » le blocus!

Cela peut sembler bizarre, mais seulement jusqu’à ce que vous considériez l’image plus large. L’Ukraine n’a d’autre choix que d’utiliser le charbon de l’Est, soit à partir de ses anciens territoires, soit de la Russie. En effet, le charbon ne peut pas être importé par voie maritime ou fluviale, en raison du manque d’installations portuaires en eaux profondes. Il ne peut pas être importé en train depuis l’Union européenne, en raison d’une différence de jauge des chemins de fer. Ainsi, l’Ukraine importe maintenant du charbon – son propre charbon – de la Russie, à un coût plus élevé : la Russie importe le charbon de l’Est de l’Ukraine et l’exporte vers le reste de l’Ukraine – moyennant des frais. Comme l’argent est compté, la quantité de charbon est beaucoup plus faible, ce qui entraîne des pénuries.

Maintenant, cela peut frapper votre imagination, mais ceux qui sont au pouvoir à Kiev voient cette situation comme ayant un effet positif net. Tout d’abord, ils ont pu apaiser les « nationalistes » en légitimant le blocus de l’Est. Deuxièmement, ils paient plus pour le charbon, ce qui signifie qu’il y a un plus grand flux d’argent qu’ils peuvent détourner. L’activité principale des élites dirigeantes en Ukraine depuis l’effondrement de l’URSS a été le pillage du pays, et au fur et à mesure que le pays voyait sa situation empirer progressivement, les obstacles généraux à la destruction ont diminué, ces manigances pour bloquer leurs propres trains de charbon et le recours aux importations de charbon leur ont fourni un nouveau « centre de profit ».

Une situation similaire est obtenue par rapport au gaz naturel. Les fonctionnaires de Kiev ont jugé à la fois politiquement et financièrement bénéfique de retarder le paiement à la Russie et de refuser de négocier de bonne foi des contrats de gaz avec la Russie. En conséquence, l’Ukraine est obligée d’importer du gaz naturel de l’UE, mais cela reste du gaz russe, à un prix plus élevé et à un volume plus faible. Et parce que les prix sont plus élevés, il y a plus à ponctionner. Les Russes ne sont pas satisfaits de ce scénario, mais tout ce qu’ils peuvent faire est de se dépêcher de construire des gazoducs qui contournent l’Ukraine. C’est ce qu’ils font, et dans quelques années, la Russie fermera le robinet de gaz ukrainien, une fois pour toutes.

Dans l’intervalle, les pénuries de charbon ont forcé de nombreuses centrales thermiques à fermer, obligeant les centrales nucléaires à compenser le manque. Les 15 réacteurs nucléaires actuellement en exploitation fournissent maintenant plus de la moitié de l’électricité de l’Ukraine. Ce n’est pas une stratégie soucieuse de la sécurité. La charge sur le réseau fluctue selon un cycle diurne, et chaque méthode de génération d’énergie permet des alternatives meilleures ou pires pour ses changements de rythme. Les moyens de contrôle de flux les plus rapides et les plus sûrs, en réponse aux charges électriques fluctuantes, sont les installations hydroélectriques. Auparavant, la Dnepr Hydroelectric Cascade donnait beaucoup de marge de manœuvre, mais depuis que les niveaux d’eau sur le Dniepr sont bas avec le printemps, ce n’est plus une option majeure. Ensuite, il y avait les centrales électriques à gaz naturel, mais comme le gaz est maintenant rare et cher, ce n’est plus une option non plus. Les centrales au charbon sont l’option suivante, mais les pénuries de charbon en ont forcé de nombreuses à fermer, ce qui limite leur capacité d’action.

Enfin, il existe l’option la moins sûre : les réacteurs nucléaires pour monter et baisser la charge selon un cycle diurne. Étant donné que le combustible nucléaire se désintègre à travers une séquence entière d’isotopes, chacun avec une demi-vie et un profil d’émission différents, les centrales nucléaires sont mieux exploitées si elles restent dans un état stable. Lorsqu’elles subissent des cycles chaque jour, la chimie et la physique résultantes deviennent de plus en plus instables et dangereuses.

Bien sûr, le secteur de l’énergie nucléaire ukrainienne a établi de nouveaux records de nombre d’arrêts d’urgence : plus de dix jusqu’à présent. En temps voulu, ces arrêts d’urgence ne seraient pas suivis par des redémarrages. Sur les 15 réacteurs nucléaires restants, seuls trois doivent rester en service après 2020. Le reste devra être définitivement arrêté, en raison de son âge avancé. Si des tentatives sont faites pour les maintenir en activité après cette date, ils porteront un grave risque de fusion de type Tchernobyl. Dois-je mentionner qu’il n’y aura plus d’argent pour le démantèlement ou pour la garde du combustible usé?

Et ainsi, nous avons une nation en faillite et effondrée, en guerre avec elle-même. Elle est gérée par des voleurs, qui interfèrent avec le fonctionnement de son réseau électrique en jouant avec des fournisseurs clés, afin de satisfaire les fanatiques « nationalistes », tout en se gavant simultanément sur la bête. Vous auriez raison de penser que cette situation est plutôt mauvaise. Mais peu importe la façon dont les choses sont mauvaises, il est toujours possible de les rendre encore pires.

Tout d’abord, les Ukrainiens ont jugé intelligent de rompre les relations avec le bureau de conception russe responsable de l’ingénierie de leurs réacteurs nucléaires. En règle générale, après chaque arrêt d’urgence, le bureau de conception s’implique, effectue une analyse des causes profondes, conseille sur les procédures d’assainissement, surveille leur mise en œuvre et recertifie le réacteur concerné comme étant sûr, avant le redémarrage. Depuis 2014, cela ne s’est pas produit.

Deuxièmement, les Ukrainiens ont décidé de cesser d’acheter du combustible nucléaire en provenance de Russie et ont commencé à l’acheter à Westinghouse – une entreprise américaine – dans un effort politique pour se débarrasser de tout ce qui est russe. Les assemblages russes de combustible nucléaire sont fabriqués à un niveau très élevé, que Westinghouse n’a pas réussi à répliquer et, par conséquent, leurs barres de carburant ont tendance à se déformer et à se coincer, provoquant des arrêts d’urgence, nécessitant des réparations coûteuses et flirtant avec la catastrophe.

Depuis, Westinghouse a fait faillite. Il n’y a aucune raison de s’attendre à ce qu’ils continuent à pouvoir alimenter les réacteurs ukrainiens. La seule autre option de l’Ukraine est de s’adresser aux Russes, mais il est peu probable que ceux-ci reprennent les ventes de carburants nucléaires à un client aussi peu fiable – et qui pourrait très bien finir par envoyer un panache radioactif à travers la frontière.

Troisièmement, les autorités de Kiev ont même vu que les réacteurs nucléaires offraient une autre occasion de voler et ils ont insisté pour que des matériaux non testés de qualité inférieure soient utilisés pour les maintenir. La conversation téléphonique suivante entre Vyacheslav Tishchenko, directeur de la centrale nucléaire de Zaporozhskaya et ses subordonnés a été enregistrée et ensuite fuitée, après l’arrêt d’urgence du réacteur n°3 (ma traduction) :

Tichtchenko: – Vassily, qu’est-ce qui se passe? Pourquoi ne répondez-vous pas?

V.M. Turbaevsky, responsable de la gestion des urgences : – Je suis désolé, je n’ai pas répondu, nous avons une urgence, le réacteur n°3 est en panne. Je suis déjà là, Ignatchenko est là, Krasnogorov est en route.

Tichtchenko: – Pourquoi ne m’avez-vous pas informé immédiatement? Comprenez-vous quel est le danger? Nous pourrions tous aller en prison, vous inclus! Je suis en route, je serai là dans une demi-heure. Fyodor, qu’est-ce qui se passe?

F.M. Krasnogorov, ingénieur en chef : – Le confinement dans le bloc supérieur ne tient pas la charge. On dirait que c’est lié à nos propres réparations avec ces matériaux du marché noir.

Tichtchenko : – Arrête de pleurnicher! Ne comprenez-vous pas? Personne n’a demandé mon avis à ce sujet!

Krasnogorov : – J’ai même dit alors que cela finira mal. Nous devons exécuter des tests. Le problème n’est pas seulement avec le confinement, mais aussi avec le carburant.

Oui, un problème avec le carburant, en effet. Les barres russes de combustible nucléaire sont hexagonales, tandis que les Américains utilisent des barres carrées. Les Ukrainiens ont résolu le problème en donnant à Westinghouse un échantillon de barres de combustible russes, et les Américains ont réussi à faire de la rétro-ingénierie et à fabriquer leurs propres barres hexagonales. Est-il surprenant que les articles improvisés et conçus à la va-vite ne soient pas aussi bons que les produits authentiques?

L’Ukraine n’était pas le seul pays à avoir des problèmes avec la qualité du combustible nucléaire américain : la République tchèque, la Slovénie et la Finlande ont toutes eu des problèmes, ont annulé leurs contrats avec Westinghouse et sont retournés à l’utilisation du combustible fabriqué en Russie. L’Ukraine aurait fait de même, sauf que son gouvernement a été renversé… Et que Westinghouse a fait faillite… Êtes-vous triste maintenant? Je le suis!

Laissez-moi résumer. Les Ukrainiens sont maintenant obligés d’acheter leur propre charbon en Russie, avec un petit supplément. Ils sont maintenant forcés d’acheter du gaz naturel russe via l’UE, avec aussi un supplément. Ils gèrent leurs centrales nucléaires aux limites, générant un nombre record d’arrêts d’urgence et de pannes de courant. Ils ne suivent pas les meilleures pratiques pour déterminer pourquoi les arrêts se produisent et pour les réparer. La majeure partie de leur capacité de production d’énergie nucléaire devrait expirer dans trois ans de toute façon. Seul un petit pourcentage de la population de l’Ukraine est encore capable de payer ses factures d’électricité.

J’espère que vous êtes d’accord pour dire que cette situation nécessite quelques jurons. Avec l’aide américaine, les Ukrainiens semblent se foutre eux-mêmes dans la merde, des quantités anormales de « merde ». Mais il y a une autre façon d’examiner la situation. Supposons que les Ukrainiens aient décidé (ou ont été convaincus, par une propagande qui a coûté aux contribuables américains 5 milliards de dollars environ) qu’ils ne devaient plus du tout être comme les Russes, mais plutôt comme les Américains. Et il semble qu’ils y ont réussi! En quoi l’Ukraine ressemble-t-elle aux États-Unis? Regardons cela de près.

Les États-Unis sont théoriquement dirigés par Donald Trump, un oligarque intellectuellement limité, enclin à l’enrichissement personnel. Pour voir comment cela se passe, vérifiez combien de transactions internationales, Ivanka Trump a déjà effectuées, grâce à ses techniques de séduction auprès des dignitaires étrangers traînant autour de la Maison Blanche. L’Ukraine est théoriquement dirigée par Petro Porochenko, un oligarque intellectuellement limité, enclin à s’auto-enrichir. Donald Trump est entré en battant une femme tordue et corrompue, Hillary Clinton. Petro Porochenko est entré en battant le même genre de femme, Ioulia Timochenko.

Le Congrès des États-Unis est rempli de criminels qui ont acheté leurs positions avec de grosses sommes d’argent et utilisent leur poste afin de jouir de l’immunité contre les poursuites pour des infractions telles que des délits d’initiés. Ils ont à leur disposition un nombre stupéfiant de façons de s’enrichir et de spolier les citoyens. Ils perpétuent un grand nombre de rackets dans le monde financier, celui de la médecine, de l’éducation et de l’application de la loi, entre autres. Le parlement ukrainien (« Verknovna Rada ») est également approvisionné par des criminels, qui ont acheté leurs positions afin d’obtenir l’immunité contre les poursuites et qui les utilisent également pour s’enrichir en volant ce qui reste de leur pays.

Peu importe ce qui ne va pas, les États-Unis accusent la Russie. Si les résultats des élections ne sont pas ce que les experts ont voulu, cela est lié à « l’ingérence russe ». Lorsque des pannes simultanées frappent San Francisco, Chicago et New York, la réaction instantanée est que l’origine de de la panne est dûe a des « pirates russes ». Si un certain nombre d’informations véridiques échappent à la vigilance des gardiens des médias de masse, il s’agit immédiatement d’une « propagande russe ». Parlez à l’ambassadeur de Russie lors d’un cocktail, et votre carrière politique est automatiquement menacée.

C’est la même chose en Ukraine. Le gouvernement de Kiev a bloqué les chaînes de télévision russes, qui étaient auparavant beaucoup plus populaires que les ukrainiennes. Il a interdit aux musiciens russes de jouer en Ukraine. Quiconque dit quelque chose de vaguement pro-russe risque aujourd’hui d’être accusé de « séparatisme ». Alors que la russophobie américaine pourrait être considérée comme un héritage de la Guerre froide et expliquée par la nécessité de l’ancienne superpuissance de trouver un sparring-partner quelque part – n’importe où ! – la russophobie enragée dans un pays parlant majoritairement la langue russe est clairement une importation.

Culturellement, les États-Unis sont en guerre contre eux-mêmes, s’organisant par ségrégation rapide en deux camps opposés sur une frontière libérale / conservatrice. Les amitiés de longue date se dissolvent sur des arguments politiques. Sur le plan régional, tout le milieu du pays ne se soucie pas beaucoup de l’un ou de l’autre côté. Le Sud continue d’abriter un ressentiment profond envers les Yankees. Une grande partie de la côte Est croit que les Californiens habitent une autre planète.

Au fur et à mesure que la situation s’aggrave, ces lignes de failles risquent de conduire à une hostilité ouverte et à une guerre civile renouvelée. En Ukraine, où la principale ligne de défaillance traverse une fracture linguistique entre la région de Lvov (la Galicie, dont le « nationalisme » ukrainien provient le plus souvent, ses deux autres sources étant le Canada et le Connecticut) et une grande partie du reste du pays, cela s’est déjà produit : une guerre civile fait rage entre Kiev et les deux régions orientales de Donetsk et Lugansk, et les troubles civils dans d’autres régions, comme Kharkov et Odessa, ont pris de nombreuses formes, y compris les persécutions publiques et même des massacres, comme à Odessa.

Aux États-Unis, les guerres culturelles sont motivées par la psychologie de la victimisation et les griefs qui vont avec. Les travailleurs industriels qui ont subi une délocalisation le reprochent à ceux qui ont externalisé leurs emplois à l’étranger, sans se rendre compte qu’il s’agit en fait de la gestion d’un excès d’énergie (charbon chinois), à proximité immédiate d’une force de travail aussi en excédent (agriculteurs chinois déplacés). Les Noirs blâment leurs pauvres résultats par rapports aux Blancs, ne voyant pas tous les Blancs pauvres, qui sont dans une  situation encore pire que la leur. Les femmes prétendent être opprimées par les hommes, sans remarquer que les hommes ont été si opprimés par les femmes, que pour beaucoup d’entre eux le mariage (suivi par le divorce et la pension alimentaire pour les enfants) semble être un choix singulièrement stupide. Même les Blancs prospères commencent maintenant à ressentir la pression des Asiatiques dont les enfants, disciplinés et performants, sont considérés comme ceux qui prennent les chances de travail de leurs propres enfants, abandonnant leurs anciens jobs qui sont pris par des étrangers non qualifiés. Les hommes blancs qui, pour le meilleur ou pour le pire, ont historiquement été la principale force motrice du développement du pays, sont maintenant rendus coupables pour tout ce qui a mal tourné.

Au lieu d’une identité américaine positive, elle est maintenant largement négative. Oui, je rencontre régulièrement par hasard des vétérans militaires américains qui ont vu la guerre en Afghanistan, en Irak ou les deux, et qui sont émotionnellement et parfois physiquement mutilés, mais qui croient encore à la grandeur américaine. La plupart d’entre eux, s’ils sont travaillés au corps (doucement), admettent qu’ils baignent dans la nostalgie.

En ce qui concerne le reste… Il y a un lieu précis, directement entre l’Université de Harvard et le MIT, appelé Central Square, où il n’y a plus de toilettes publiques. Parce que les gens se shootent là-bas. Vous ne pouvez pas obtenir la clé des toilettes dans une bibliothèque publique sans laisser votre identifiant, et votre visite est chronométrée. Que ce soit à Harvard et au MIT, ils consomment toujours du Kool-Aid toxique. Tous les autres sont à l’héroïne. Choisissez votre poison!

La raison pour laquelle l’Ukraine a été si facilement infectée par ce virus culturel est que l’identité culturelle ukrainienne est très spécifiquement fondée sur les griefs et les victimes. Elle n’a jamais été un véritable pays, mais un complément, dans le meilleur des cas, à la Russie, ou, à défaut, à la Pologne, à la Roumanie, à l’Autriche-Hongrie ou à l’Allemagne nazie, des épisodes de l’État ukrainien qui ont été des épisodes d’occupation étrangère (non russe). Pour le dire simplement, il n’y a rien du tout de positif, dans l’identité nationale ukrainienne : il s’agit de grief et de ressentiment, pour se sentir le mieux possible, et le résultat de cette source de malentendus est l’émotion autodestructrice et le sang, ce que nous voyons maintenant en plein écran dans les villes ukrainiennes et sur les champs de destruction du Donbass.

Nous célébrons nos victoires ensemble et nous déplorons nos défaites tout seul. Les Américains continuent à parler de la construction d’un mur le long de leur frontière méridionale, pour pouvoir rester entre eux et mariner dans leur propre jus, mais il se trouve qu’ils n’ont pas d’argent pour le construire. Les Ukrainiens ont joué avec la construction d’un mur le long de la frontière avec la Russie, mais ont constaté qu’ils n’avaient pas l’argent pour… Alors ils ont creusé un petit fossé à la place, puis ils ont abandonné et ils ont changé d’idée en bloquant les lignes de chemin de fer qui leur fournissaient le charbon dont ils ont besoin pour garder la lumière allumée.

Incapable de faire quelque chose pour améliorer la bonne fortune qui échappe à ses citoyens, le gouvernement américain essaie de justifier son existence en rêvant de menaces et en prétendant les contrer. Ces menaces incluent « l’agression russe », les dictateurs syriens, les terroristes iraniens, les Nord-Coréens avec l’arme nucléaire et quiconque ailleurs. Incapable de faire quoi que ce soit pour améliorer sa situation, le gouvernement ukrainien se concentre principalement sur « l’agression russe » et prétend contrer ses efforts en orientant constamment des missiles dans la direction générale des régions orientales de l’Ukraine.

Les États-Unis et l’Ukraine sont largement désindustrialisés. Aux États-Unis, la baisse de la main-d’œuvre industrielle a été étroitement liée à l’augmentation du nombre de barmans et de serveurs. En dépit d’un niveau élevé de dépenses militaires, ce pays ne semble pas en mesure d’aligner une force armée capable d’une action qui puisse ressembler à une victoire. L’inaptitude des forces américaines en Afghanistan, à Mossoul en Irak et en Syrie, est similaire à l’humiliation de l’armée ukrainienne dans le Donbass.

Enfin, regardons à nouveau l’électricité. Les États-Unis possèdent un vieux réseau électrique de plus en plus susceptible de tomber en panne. Le vieillissement de la flotte de réacteurs nucléaires – la plupart d’entre eux sont déjà au-delà de leur durée de vie – dépendait du combustible nucléaire russe pour environ un quart de leur énergie, mais cet accord semble être passé par pertes et profits récemment, au fur et à mesure que les relations se sont dégradées avec la Russie. Les États-Unis généraient environ la moitié de leur électricité à l’aide de charbon, mais l’industrie du charbon aux États-Unis est en train de mourir, dynamitant et creusant de moins en moins de charbon et de plus en plus de saletés.

Heureusement, les États-Unis ont pu passer au gaz naturel pour produire une grande partie de la production d’électricité qui était auparavant au charbon. Le gaz naturel est actuellement abondant à cause de la facturation hydraulique, mais la plupart des entreprises de ce secteur n’ont jamais pu faire un penny de profit et toutes s’endettent et flirtent avec la faillite. Cette bonification temporaire de gaz naturel bon marché et abondant est susceptible d’être de courte durée.

N’est-il pas étrange, qu’il y ait tant de parallèles et de symétries entre les États-Unis et l’Ukraine? On peut être pardonné de penser que les États-Unis et l’Ukraine présentent des symptômes du même trouble national – qui est contagieux et qui s’est répandu d’Ouest en Est. À ce stade, il est latent aux États-Unis et aigu en Ukraine. Au fur et à mesure que l’Ukraine va sombrer, nous aurons l’occasion d’observer ce qui se passe là-bas et de planifier ce qui arrivera aux États-Unis quand la situation sera aussi sombre.

La falaise d’Olduvai approche…"


Dmitry Orlov

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par nadine pour le Saker Francophone